La neige… Là, devant, le guide est un homme seul.

Le guide

C’est à lui de décider du parcours, de comprendre les dangers, de se sentir en harmonie avec les couleurs du ciel : le bleu incroyable de la montagne. Le rôle de ses clients, dans ces moments, est aussi de le regarder, voire même de le protéger s’il se passe quelque-chose. Toute cette histoire fait partie d’une évolution des rapports humains qui va outre les simples accords économiques, mais entre et touche le cœur dans sa profondeur. 

Mon ami, Giovanni, guide de montagne, soutient que cette sensation de solitude profonde se ressent surtout dans les montagnes de la Vallée d’Aoste, car elles sont beaucoup moins fréquentées et pratiquées que nombre de montagnes voisines en Haute-Savoie ou en Valais. 

La course

Je me souviens qu’une fois, nous étions parties avec un groupe de copines, derrière Gio et ses clients. Il montait pour faire un sommet dans le vallon du Grand-St-Bernard, juste après une belle chute de neige. Comme font toujours les femmes, notre groupuscule papotait bien loin derrière, en profitant du paysage et du soleil. A un moment, je me suis rendu compte que Gio avait laissé derrière ses clients, et avait avancé tout seul dans une pente plus raide. Tout-de-suite, j’ai compris qu’il fallait essayer de le rejoindre au plus vite, car il avait besoin de quelqu’un qui le regarde bien. Ses clients étaient bien capables de le faire, mais j’étais sûre que Gio aurait été plus tranquille si j’avais été plus proche de lui. A un certain moment, la pente s’est fissurée. J’eu le réflexe d’avertir Gio, qui avait au même moment déjà tourné les skis dans la pente. Il aurait eu ainsi plus de possibilités de s’en sortir dans le cas où la pente serait partie. A ce moment-là, si la plaque avait cédé, il aurait été important d’essayer de ne pas le perdre des yeux.  

Happy End

Tout finit bien ! Tout le monde a rejoint le sommet et fut récompensé avec une descente fantastique dans un monde lumineux, et des images plein la tête de virages dans un manteau vierge.  

L’un de mes nombreux souvenirs, à admirer le travail du guide…

Nicole